Les e-seniors de l'ère numérique et l'économie des aînés

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La population de l’UE se compose de 25 % de personnes âgées, lesquelles représentent un marché en croissance pour les acteurs économiques et sociaux de l’ère numérique. L’Union européenne est confrontée à un nouveau défi, celui de la longévité qui coïncide avec la réalité de la numérisation omniprésente. Aussi est-il impératif, de l’avis du CESE, de changer notre approche de l’«économie des seniors».

Dans son avis sur «Le pilier numérique de la croissance: les e-seniors, un potentiel de 25 % de la population européenne», adopté le 13 juillet lors de sa session plénière, le CESE fait observer que l’accroissement du nombre de personnes âgées peut certes ouvrir des perspectives que le secteur du commerce se doit de saisir, en fournissant des biens et des services sur mesure pour ce marché en croissance, mais que l’enjeu essentiel pour l’économie européenne sera d’arriver à ce que ces 125 millions de citoyens restent des acteurs en plus d’être des consommateurs. À l'horizon 2060, en effet, on comptera deux seniors pour un jeune et le nombre des personnes très âgées excédera celui des enfants de moins de cinq ans. Si elles peuvent représenter une charge pour les systèmes de protection sociale, ces évolutions sont également susceptibles d’être un immense atout pour la prospérité, à condition de considérer les plus de 50 ans comme une force eu égard à leurs compétences, à leurs savoirs et à leur capacité à innover.

«Les technologies de l’information, explique Laure Batut, la rapporteure de l’avis du CESE, doivent devenir une composante de la vie des 125 millions de seniors en Europe, exactement comme pour tous les autres citoyens, et ne pas être confinées, en ce qui les concerne, à l’assistance technique ou médicale.

Garantir l’accès

Pour atteindre cet objectif, l’avis préconise de généraliser la possibilité d’accéder à Internet, sous la forme d’un droit à un service universel, y compris pour les seniors les plus pauvres. Une des pistes envisageables consisterait à aménager des espaces publics qui offriraient un accès libre à Internet, doublé d’une assistance fournie par l’administration locale, ainsi qu’à établir un service civique bénévole qui serait spécifiquement voué à cette tâche. Les États membres pourraient lancer des campagnes de sensibilisation pour informer leurs citoyens des parcours de formation numérique qui sont offerts aux seniors. Autre stratégie, toujours selon l’avis du CESE: créer des liens institutionnels avec les universités pour faciliter l’accès des seniors aux cours en ligne ouverts et massifs (MOOC-CLOM).

Relever le défi de l’accessibilité implique de développer un système de gouvernance globale, pour rapprocher les seniors du monde numérique. Cette démarche, relève encore l’avis, aurait pour effet de traiter la double problématique des transitions numérique et démographique, et de favoriser l’intégration numérique de toutes les personnes âgées.

Des échanges pour favoriser l’inclusion numérique

Le CESE recommande par ailleurs de doter le programme Erasmus+ d’un volet «seniors», qui pourrait, par exemple, être dénommé «Sénèque –Cadre Erasmus pour les seniors». Il pourrait constituer une plate-forme idéale pour échanger de bonnes pratiques et encourager les citoyens âgés de l’UE, dont les effectifs vont croissant, à acquérir davantage de compétences numériques.

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e-seniors_TEN 584 FR

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