Le programme «Europe créative» crée à la fois des emplois et de la cohésion dans l’Union européenne

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Le CESE demande qu’il fasse l’objet d’une augmentation de son budget et d’une promotion spécifique dans le cadre d’Horizon 2020

Le secteur de la création en Europe présente un grand potentiel, mais il requiert un soutien accru pour se développer pleinement et devenir un acteur compétitif sérieux sur le marché mondial.  Si le secteur de la culture et de la création faisait preuve d’ambition, d’autres secteurs en profiteraient également, notamment ceux du textile, du tourisme, de l’automobile, de la construction et des industries de la santé. Aussi le CESE demande-t-il une augmentation du budget consacré à ce secteur ainsi que des aides financières spécifiques dans le cadre d’Horizon 2020.

C’est le secteur de la création qui contribue tout particulièrement à préserver le riche patrimoine culturel de l’Europe et sa diversité. C’est également lui qui relie les citoyens dans toute l’Europe et hors de ses frontières, déclare Emmanuelle Butaud-Stubbs, rapporteure d’un avis sur le programme «Europe créative» , adopté en décembre.

Un budget plus élevé...

Si l’UE a augmenté le budget alloué à ce secteur en le portant à 1,85 milliard d’EUR pour 27 États membres (contre 1,46 milliard pour 28 États membres, de 2014 à 2020), il ne représente encore que 1/1 000e de l’ensemble du cadre financier pluriannuel de l’UE pour la période 2021-2027. Compte tenu de tous les enjeux majeurs que représente ce secteur – maintien de notre patrimoine culturel, promotion de nos valeurs, revitalisation, innovation, divertissement, emplois et croissance durables – tels qu’ils sont fixés dans un programme ambitieux, le budget proposé est beaucoup trop faible, soutient Mme Butaud-Stubbs.

  • pour promouvoir l’innovation

La révolution numérique offre de nouvelles possibilités, pour autant que nous investissions à temps dans l’éducation, les logiciels et les équipements, déclare Zbigniew Kotowski, corapporteur. Par conséquent, le CESE demande un budget spécifique dans le cadre du programme Horizon 2020 afin d’exploiter l’énorme potentiel d’innovation que revêtent les diverses branches de l’industrie créative.

Le Fonds social européen, le programme pour une Europe numérique et le Fonds de cohésion sont importants pour contribuer à l’intégration de la culture dans les autres politiques sectorielles. D’autres secteurs industriels et manufacturiers, tels que ceux du textile, de l’habillement, du cuir, de l’ameublement, de la céramique et des jouets, ou encore du tourisme, de l’automobile, de la construction, de la santé et du bien-être, et bien d’autres encore, bénéficieront d’un regain d’ambition pour une Europe plus culturelle et plus créative. Il existe déjà de nombreux exemples positifs, dans toute l’Europe, de régions et de villes qui sont passées, par exemple, de la métallurgie au secteur de la création, et créent davantage de valeur ajoutée grâce à ce processus, font observer les rapporteurs.

  • pour promouvoir la dimension extérieure

Le CESE est également favorable à une stratégie européenne clairement en faveur des secteurs de la création et de la culture, à la fois pour le marché unique et pour la politique extérieure, compte tenu de la concurrence internationale féroce non seulement des États-Unis, mais aussi de pays comme la Chine, le Japon, l’Inde et le Canada. Nous soutenons également l’inclusion d’une dimension créative et culturelle dans la politique extérieure de l’UE, y compris sa politique commerciale, explique Mme Butaud-Stubbs.

Alors que le secteur audiovisuel de l’UE reste fragmenté, des fusions importantes ont eu lieu récemment aux États-Unis, ce qui entraîne des changements significatifs. Dans ce contexte, le CESE demande à la Commission de prévoir une étude quantitative et qualitative indépendante sur les effets que les changements majeurs intervenant aux États-Unis risquent d’avoir sur le marché européen.   

En outre, la Grande-Bretagne étant un acteur clé de ces industries, l’UE devrait promouvoir le maintien de la coopération avec le Royaume-Uni afin de poursuivre des programmes bilatéraux dans le cadre du programme Europe créative 2021-2027. Des accords bilatéraux conclus par le passé avec la Géorgie, la Serbie ou l’Ukraine pourraient servir d’exemples.

  • pour promouvoir à la fois la liberté d’expression et l’éducation aux médias

Le CESE demande un financement supplémentaire de 80 millions d’EUR pour le volet «Transsectoriel». Il s’agit d’un volet particulièrement sensible, qui aide les bureaux du programme Europe créative à promouvoir ce dernier dans leurs pays et à œuvrer en faveur d’un environnement médiatique libre, diversifié et pluraliste, du journalisme de qualité et de l’éducation aux médias.

Dans la quasi-totalité de nos États membres, nous constatons que la liberté de la presse a perdu du terrain. En outre, les médias sociaux ont une influence croissante sur les opinions des citoyens, lesquels leur accordent souvent davantage de crédit qu’au journalisme de qualité et sont souvent incapables de faire la distinction entre de vraies et de fausses informations ou des informations contrefaites. Nous devons donc redoubler d’efforts pour promouvoir l’éducation aux médias, afin de permettre aux citoyens de porter un regard critique et éclairé sur ces derniers, a conclu Mme Butaud-Stubbs.

Contexte

La proposition de la Commission sur le programme «Europe créative» est fondée sur l’objectif énoncé à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, qui dispose que celle-ci a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples et qu’elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen.

Le programme entend offrir aux citoyens européens la possibilité de mettre au point des initiatives transfrontières européennes innovantes sur les plans technologique et artistique afin d’échanger, de cocréer, de coproduire et de diffuser des œuvres européennes.