Le CESE se positionne comme le chef de file des institutions de l’UE en proposant d’affecter 40 % du budget de l’Union au changement climatique

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Financing climate change

Peu après la publication, le 8 octobre, du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dans lequel les Nations unies exhortent les pays à se tourner en masse vers un nouveau modèle, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté un avis plaidant en faveur d’un pacte «finance-climat» visant à garantir le financement des transitions nécessaires. Dans la perspective de l’adoption imminente du budget de l’UE pour la période 2021-2027, le CESE soumet la proposition la plus ambitieuse de toutes celles présentées par les institutions européennes: il estime que 40 % du budget de l’UE devraient être consacrés à la lutte contre le changement climatique et ses conséquences, qu’elles soient d’ordre environnemental, économique ou social.

Il n’y aura ni emploi, ni entrepreneuriat sur une planète morte. Nous pouvons éviter ce scénario catastrophe, mais nous devons agir dès maintenant, affirme le CESE dans son avis d’initiative sur le pacte européen «finance-climat» adopté le 17 octobre.

Nous en sommes convaincus: si le changement climatique constitue l’une des principales menaces pour l’être humain et la planète, la nécessaire transition vers une économie durable en Europe crée également de nouvelles possibilités, estime M. Rudy de Leeuw, rapporteur de l’avis.

Selon l’Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), le potentiel de création nette d’emplois en lien avec la lutte contre le changement climatique est de 5 à 6 millions de postes d’ici à 2050, et la Commission européenne évalue à 3 millions le nombre d’emplois supplémentaires créés dans le secteur de l’énergie renouvelable d’ici à 2020.

 Nous devons abandonner les visions nationales passéistes et faire face aux défis à relever, en saisissant les occasions qui se présentent pour promouvoir un modèle durable qui contribue à lutter efficacement contre les inégalités et à renforcer la démocratie. Nous n’y parviendrons qu’en unissant nos forces et en agissant de concert au niveau européen.

Les investissements dans l’économie réelle

La Commission européenne et la Cour des comptes européenne estiment que chaque année, 1 115 milliards d’euros doivent être affectés en Europe à la lutte contre le changement climatique et ses effets.

Avec le pacte “finance-climat”, nous voulons affecter à l’économie réelle les montants considérables actuellement consacrés à des bulles financières. Il s’agit notamment de développer les investissements dans l’innovation et la R&D, en mettant particulièrement l’accent sur la transition énergétique, l’économie circulaire et collaborative et l’automatisation afin de prévenir le déclin des emplois de qualité, souligne M. de Leeuw. Nous sommes convaincus qu’à long terme, seuls les acteurs qui optent pour une économie verte resteront à l’avant-plan sur le marché mondial. Nous, Européens, avons la possibilité de nous positionner au premier rang de cette évolution.

L’Europe a besoin d’un projet et des instruments financiers nécessaires

Le pacte «finance-climat» requiert la mise en place d’un cadre d’intervention européen clair et prévisible, sur le long terme, en vue de sécuriser la planification des investissements. Le prochain cadre financier pluriannuel (2021-2027) doit promouvoir le développement économique durable et la création d’emplois de qualité en contribuant à la transition vers une économie à faible intensité de carbone d’ici à 2050. Le budget consacré par l’UE à la lutte contre le changement climatique et ses conséquences doit être porté des 25 % ou 30 % actuels (propositions respectives de la Commission et du Parlement européen) à 40 %.

La BEI doit devenir un des principaux investisseurs dans l’économie verte

Il conviendrait de renforcer l’action de la BEI, non seulement en volume mais aussi sur le plan de sa capacité à prendre plus de risques. L’extension du plan Juncker aux projets relevant du pacte «finance-climat», par exemple, permettrait à la BEI de bénéficier de la garantie du Fonds européen pour les investissements stratégiques.

Il convient également d’envisager que la BEI devienne la banque du développement durable en finançant prioritairement la transition énergétique, la mobilité écologique et l’innovation et non pas les projets traditionnels. Les projets écologiques devraient être dotés de financements dans le cadre d’une nouvelle taxinomie européenne.

L’économie circulaire, ainsi que l’investissement dans l’efficacité énergétique des bâtiments, doivent être encouragés.

La transition doit être durable sur les plans économique, social et environnemental

En vue de promouvoir les projets durables et d’identifier les domaines dans lesquels l’impact environnemental et économique pourrait être optimal, le CESE est favorable à l’élaboration d’un système européen de classification unifié (taxinomie). Des labels verts devraient être accordés aux investissements qui répondent à la taxinomie de l’UE et aux normes les plus exigeantes en matière de durabilité, dans l’optique d’un fléchage vertueux des investissements.

L’UE devrait non seulement encourager la coopération entre les États membres, mais également faire coïncider ses propres politiques avec l’objectif de promotion d’une prospérité partagée pour les entrepreneurs, les travailleurs et les citoyens européens.

Dans chaque accord commercial, les clauses sociales et environnementales devraient être assorties d’un engagement contraignant à respecter l’accord de Paris.

Personne ne doit être laissé pour compte, tel est le credo du CESE, conformément au programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies. Il est essentiel que les PME ainsi que les coopératives et les petites organisations à tous les niveaux locaux aient accès au financement et à la R&D. Afin de garantir une transition sociale équitable, une partie des financements doit être consacrée à un fonds d’ajustement pour les régions et les travailleurs concernés par les secteurs en transition. Le CESE propose d’allouer une part substantielle du Fonds européen de cohésion aux objectifs climatiques et à leurs retombées socio-économiques positives.

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