La politique étrangère commence à l’intérieur

©shutterstock/ pathdoc
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Comment les Européens peuvent-ils s’appuyer sur des valeurs communes pour relever les défis mondiaux tels que le changement climatique, les migrations, le terrorisme, les crises économiques, l’évasion fiscale, la criminalité organisée, les pandémies et les urgences humanitaires?

«La politique étrangère commence à l’intérieur», selon le récent avis du Comité économique et social européen (CESE) concernant la stratégie de politique étrangère et de sécurité proposée par la Commission européenne.

L’avis met l’accent sur le lien entre politique intérieure et politique extérieure, en notant que les valeurs européennes sont fragilisées par les inégalités sociales à l’intérieur de l’UE. «Il ne semble pas réaliste d’envisager une approche plus structurée, commune et efficace de la politique étrangère et de sécurité de l’UE sans s’attaquer à l’accroissement des inégalités économiques et sociales parmi ses États membres», reconnaît le rapporteur, M. José María ZUFIAUR NARVAIZA. L’Europe doit œuvrer à réaffirmer sa position de gardienne de l’égalité et de promotrice de la liberté, de la sécurité et de la prospérité.

L’avis du CESE reconnaît l’importance primordiale d’unir les citoyens de l’UE autour de ses valeurs communes, telles que la démocratie. Pour défendre la démocratie à l’étranger, il faut construire une société civile forte en Europe. Cela est essentiel «pour créer des liens plus étroits avec les sociétés civiles d’autres pays et régions du monde».

Bon voisinage

L’instabilité géopolitique a augmenté depuis l’établissement de la dernière stratégie européenne de sécurité en 2003. Selon le CESE, il est indispensable d’accroître le budget de l’Union pour l’action extérieure, en ciblant l’action humanitaire, les migrations, le développement, l’éducation, la lutte contre le terrorisme, la diplomatie et le renforcement de la société civile organisée. Parmi les priorités, mentionnons:

  • le renforcement du processus d’adhésion des pays candidats, notamment dans les Balkans occidentaux, et la stabilisation des pays du voisinage oriental et méridional;
  • la promotion d’une véritable politique de sécurité et de défense commune;
  • la réponse à apporter à l’afflux de réfugiés et de migrants;
  • la promotion du commerce et de l’investissement.

Comme le CESE l’estime dans son avis, pour lutter contre des problèmes tels que le changement climatique, les migrations, le terrorisme, les crises économiques et financières, l’évasion fiscale, la criminalité organisée, les pandémies, les situations d’urgence humanitaire, il faut investir dans la stabilité des régions voisines, non seulement d’un point de vue économique au moyen des échanges commerciaux, mais aussi en soutenant la formation, l’innovation et l’esprit d’entreprise.

Le Comité recommande une participation accrue de la société civile à la politique étrangère de l’UE. En termes concrets, le CESE propose une interaction structurée entre la société civile et le Haut Représentant, un rapport d’évaluation sur la participation de la société civile à la politique extérieure de l’UE et une coopération formelle entre le SEAE et le CESE.

Il est escompté que la stratégie sera présentée au Conseil avant l’été.

Pour en savoir plus:

Avis CESE REX/463:

Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne

 

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