La bioéconomie bleue, un secteur de l’économie qui recèle des possibilités considérables de croissanceties EESC calls for new initiatives

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La pêche, l’aquaculture et la culture des algues sont indispensables pour accroître la production durable de denrées alimentaires d’origine aquatique dans l’Union européenne, pour favoriser la sécurité alimentaire et pour créer de la croissance économique et des emplois durables. Dans l’Union européenne, le potentiel de la bioéconomie bleue reste largement inexploité. Le CESE recommande donc de mettre sur pied des projets pilotes dans toute l’Europe, puis, sur la base de leurs résultats, de tirer pleinement parti de toutes les possibilités qu’offre ce secteur en faisant participer aussi bien les acteurs locaux que la communauté scientifique. 

À la demande de la présidence finlandaise du Conseil de l’Union européenne, le Comité économique et social européen (CESE) a élaboré un avis exploratoire sur la bioéconomie bleue. Cette dernière désigne les activités économiques et la création de valeur sur la base d’une utilisation durable et intelligente de ressources aquatiques renouvelables et de l’expertise y afférente. Elle rassemble les entreprises et les activités qui cultivent les matières premières de ces produits ou qui extraient, raffinent, traitent et transforment leurs composés biologiques.

Les mesures prioritaires en faveur de la bioéconomie bleue sont notamment les suivantes: l’eau propre et l’assainissement; un environnement aquatique sain, diversifié et sûr; une production durable d’aliments d’origine aquatique; des produits non alimentaires de grande valeur; l’adaptation au changement climatique; des ressources bleues au service de la santé et du bien-être; et une meilleure coordination de la lutte contre les activités illégales touchant aux ressources aquatiques.

Un facteur essentiel pour garantir la sécurité alimentaire et réaliser les ODD

Dans son avis, le CESE a formulé des recommandations afin de stimuler la bioéconomie bleue dans toute l’Europe et d’apporter ainsi une contribution, entre autres, à la sécurité alimentaire, à la qualité des eaux et aux écosystèmes marins, mais aussi à la réalisation de plusieurs des objectifs de développement durable (ODD).

La majorité des États membres de l’Union européenne disposent d’un accès direct à l’océan ou aux mers, mais en Europe, les lacs et les rivières jouent aussi un rôle crucial dans la plupart des pays. Dans nombre d’États membres, la bioéconomie bleue constitue d’ores et déjà un secteur important de l’économie, mais elle recèle encore des possibilités de se développer davantage, explique Simo Tiainen, rapporteur de l’avis. La restauration de la biodiversité des mers, des lacs et des rivières ouvrira de nouvelles perspectives commerciales, notamment pour les entreprises familiales et les entreprises de petite taille sur les marchés locaux. Cette démarche requiert également des innovations technologiques et des services, ainsi qu’un soutien financier approprié au moyen d’instruments adéquats de financement.

Nous proposons à la Commission de lancer des initiatives pilotes dans des territoires choisis de l’Union afin d’améliorer l’état de la capacité de production des écosystèmes aquatiques, ajoute Henri Malosse, corapporteur de l’avis. Il convient de mener ces projets pilotes en collaboration avec les acteurs politiques locaux, en y associant les universités et les centres de recherche, tout comme les professionnels locaux et les acteurs concernés de la société civile. En s’appuyant sur les expériences engrangées dans le cadre de ces projets pilotes et sur les enseignements qui en auront été tirés, l’Union européenne devrait promouvoir la sensibilisation, l’éducation, la formation et la diffusion des connaissances.

Sous certaines conditions, il conviendrait également de mettre ces conclusions à la disposition de pays tiers. En particulier, la bioéconomie bleue devrait devenir un élément central du programme de coopération de l’Union européenne avec les Nations unies et servir d’instrument pour réaliser les objectifs de l’accord de Paris en matière de changement climatique.

La bonne qualité de l’eau est le fondement de la bioéconomie bleue. L’Union dispose du potentiel pour devenir un acteur de premier plan dans le domaine de la fourniture de technologies et de services liés à cette ressource. La numérisation peut contribuer à accroître sensiblement l’efficacité aussi bien de la gestion des ressources en eau que des solutions de production et de services, affirme Simo Tiainen. Les besoins en eau douce continueront à augmenter.

En outre, la bioéconomie bleue devrait devenir un facteur important pour améliorer la sécurité alimentaire et pour fournir des aliments sains et à faible empreinte carbone, des denrées et additifs alimentaires nouveaux, des produits destinés à l’alimentation animale, des produits nutraceutiques, pharmaceutiques et cosmétiques, de l’eau propre et des énergies non fossiles, pour ne citer que quelques exemples.

La bioéconomie bleue peut être un élément de la solution dans la lutte contre le changement climatique et pour les systèmes alimentaires de demain. Il sera nécessaire de déployer des efforts très importants pour restaurer la biodiversité dans les eaux tant marines qu’intérieures, tout comme pour valoriser les possibilités que celles-ci offrent d’emprisonner le dioxyde de carbone. De cette manière, nous créerons des emplois de qualité dans les zones rurales et côtières et dans les îles, conclut Henri Malosse.

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