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Groupe des travailleurs du CESE – Emploi, convergence et droits sociaux – 25 et 26 juin, Bucarest

Le groupe des travailleurs du CESE a tenu une réunion extraordinaire à Bucarest, en Roumanie, sur le thème Droits des travailleurs et convergence sociale: une Europe des valeurs communes. En ouverture de la réunion, le président du groupe des travailleurs, M. Oliver Röpke, a tout particulièrement félicité la présidence roumaine pour la conclusion de plusieurs dossiers importants pour l’amélioration de la vie des travailleurs, comme la création de l’Autorité européenne du travail, la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et la directive relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles.

Dans son allocution, M. Marius-Constantin Budăi, ministre roumain du travail et de la justice sociale, a déclaré qu’il était fier des réalisations de son pays pendant sa première présidence de l’UE. Il a expliqué qu’à l’entame de sa présidence, la Roumanie avait des ambitions élevées et qu’elle les avait concrétisées dans une large mesure. Il a également fait remarquer que la Roumanie a démontré sa ferme conviction de l’importance des valeurs européennes, qu’elle s’est efforcée de promouvoir et de renforcer au cours de la présidence. M. Budăi a également attiré l’attention sur l’importance de la convergence économique et, en particulier, sur la nécessité de réduire l’écart de rémunération entre les pays d’Europe occidentale et orientale.

Les participants ont ensuite abordé les principaux défis liés à la mobilité de la main-d’œuvre, à l’emploi et à la convergence des droits sociaux dans l’Union européenne. Plusieurs intervenants ont fait référence au socle européen des droits sociaux, qui, pour peu qu’il soit correctement mis en œuvre, pourrait déboucher sur une convergence ascendante. Les dirigeants des quatre confédérations syndicales roumaines ont souligné les défis en matière sociale et d’emploi en Roumanie, notamment les niveaux élevés de pauvreté, les bas salaires, les problèmes liés à la négociation collective et au dialogue social, et les niveaux élevés d’émigration. Ils ont insisté plus particulièrement sur la nécessité de rétablir un cadre approprié pour la négociation collective, ruinée par les réformes du gouvernement en 2011, raison pour laquelle il n’y a actuellement que très peu de conventions collectives en Roumanie.

M. Bogdan Iuliu Hossu, président de la Confédération nationale syndicale (CARTEL ALFA), a mis en exergue que deux millions de travailleurs roumains sur cinq millions perçoivent le salaire minimum et a expliqué que les réformes des régimes de retraite et de sécurité sociale ont déplacé la responsabilité de la protection sociale des entreprises vers les travailleurs. Concernant la question de la mobilité de la main-d’œuvre, M. Sorin Bărăscu, président de la Confédération nationale des syndicats libres de Roumanie (CNSLR-Fratia), a déclaré que celle-ci est essentielle pour l’Union européenne, en ce qu’elle stimule la croissance économique et contribue à remédier aux lacunes en matière de compétences et dans d’autres domaines. Cependant, il a également expliqué que trois millions de Roumains ont émigré au cours de la dernière décennie, en quête de meilleures conditions de vie, et que la perte d’un trop grand nombre de personnes compétentes et qualifiées peut avoir une incidence négative sur les pays d’origine à plus long terme. M. Marian Stoicescu, Confédération nationale des syndicats MERIDIAN, a fait part de son souhait que la Roumanie tire des enseignements de l’expérience des États membres dotés d’un solide modèle de négociation collective et de dialogue social, et a souligné l’importance de la négociation collective pour garantir aux travailleurs roumains des rémunérations plus élevées. M. Sabin Rusu, secrétaire général de la Confédération des syndicats démocratiques de Roumanie (CSDR), s’est félicité de la discussion sur l’importance d’améliorer la convergence en matière d’emploi, de droits sociaux et de mobilité de la main-d’œuvre. Établissant un lien avec la problématique de l’avenir du travail, il a souligné la nécessité de mieux se préparer pour faire face aux changements en cours sur le marché du travail, et notamment de mettre en place un cadre législatif approprié pour garantir la protection de tous les travailleurs, y compris ceux des plateformes numériques. Les syndicats ont un rôle essentiel à jouer et devraient également faire davantage pour organiser les travailleurs exerçant leurs activités dans le cadre de nouvelles formes de travail. S’appuyant sur l’exemple d’un projet mené avec la Confédération allemande des syndicats, M. Dumitru Costin, président du Bloc national syndical (BNS), a souligné l’importance de la coopération entre les syndicats des pays d’accueil et d’origine, qui peut contribuer à recenser les problèmes que rencontrent les travailleurs étrangers dans le pays d’accueil et aider également les syndicats de leur pays d’origine à fournir aux travailleurs détachés des informations pertinentes sur les salaires et les conditions de travail avant leur départ.

Les membres ont également eu l’occasion d’échanger leurs premières réflexions sur les résultats des récentes élections européennes avec M. Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui a attiré l’attention sur deux points positifs, à savoir la participation en hausse et le fait que les partis d’extrême droite n’ont pas atteint le niveau de réussite qu’ils souhaitaient. Il a toutefois reconnu que le nouveau Parlement européen sera plus fragmenté et que les syndicats devront travailler avec tous les partis progressistes pour promouvoir les intérêts des travailleurs. Il a en outre attiré l’attention sur la nécessité de reconstruire le contrat social, détruit pendant la crise, et insisté sur le lien étroit entre celui-ci et la démocratie et à l’état de droit, qui devraient aussi être renforcés. La CES a demandé, comme première initiative concrète en ce sens, d’adopter une directive-cadre visant à soutenir la négociation collective et les salaires minimaux.