Expliquer les avantages concrets de l’AECG: une tâche éminente pour les milieux économiques

Résumé de l’entretien avec Daniel COSTELLO, ambassadeur du Canada auprès de l’UE

Le vote du Parlement européen en faveur de l’accord économique et commercial global (AECG; acronyme anglais: CETA) ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre le Canada et l’UE. La route qu’il lui reste à parcourir est néanmoins semée d’embûches, puisqu’il doit encore être ratifié dans tous les États membres de l’UE. Il s’agit d’un accord à caractère progressif, encourageant une croissance inclusive et porteur d’avantages substantiels pour les PME. Les milieux économiques ont un rôle important à jouer pour en assurer la promotion et donner des exemples concrets de ses bienfaits: telles sont, parmi bien d’autres, quelques-unes des vues qui ont été exprimées lors du débat qui s’est déroulé, lors de la réunion du groupe des employeurs du 22 janvier 2017, avec Daniel COSTELLO, ambassadeur canadien auprès de l’UE.

Comme l’a souligné M. COSTELLO, l’ambassadeur du Canada, l’AECG revêt une portée stratégique, en ce qu’il nous offre la possibilité de définir nous-mêmes les contours du commerce mondialisé, au lieu que nous soyons réduits à suivre des tendances lancées par d’autres. Faisant le point sur l’état d’avancement de la ratification du texte, il a relevé que son application à titre provisoire devrait prendre cours au printemps.

Dès lors, il deviendra possible de démontrer aux sceptiques tous les avantages que recèle l’AECG. Une étude conjointe a montré qu’une fois qu’il sera pleinement applicable, on pourra tabler sur une augmentation des échanges bilatéraux de l’ordre de 23 %, soit un montant annuel de 26 milliards d’euros, qui se traduira par de la croissance et de l’emploi. Le dispositif profitera tout particulièrement aux PME, en ce qu’il fournira une assistance pour la coopération en matière réglementaire, facilitera les procédures commerciales et ouvrira les marchés publics.

L’ambassadeur a souligné que l’AECG constitue un accord commercial moderne, inclusif, dont l’enjeu est d’assurer la croissance, non pas à tout prix mais en veillant à ce qu’elle soit durable et s’adresse à tous. S’il fait croître l’économie, le libre-échange n’assure cependant pas la répartition des fruits de cet essor, si bien que les pouvoirs publics ont dû arrêter les politiques propres à garantir qu’ils soient équitablement distribués. Le diplomate canadien estime que la société civile et, tout particulièrement, la communauté des affaires ont un rôle essentiel à jouer pour diffuser un message positif à propos de cette convention. Ce sont les entreprises qui pourront raconter par l’exemple quels sont les bénéfices qui, dans la pratique, découleront de son application provisoire et détailler les créations d’emploi et la croissance qui en résultent.

Lors du débat, divers participants du groupe des employeurs ont soulevé un certain nombre de questions concernant l’AECG et, plus généralement, le libre-échange. L’un de ces membres, l’Allemand Bernd DITTMANN a ainsi estimé que «l’époque où les accords commerciaux se ramenaient à des discussions techniques est révolue: désormais, c’est un enjeu politique qu’ils représentent». Et de dire sa conviction que par sa transparence et le champ qu’il couvre, il se profile aujourd’hui comme le nouveau mètre-étalon des accords de libre-échange. Il fera émerger de nouvelles normes mondiales en matière de durabilité, ainsi que sur le plan social et environnemental.

Vice-président de la commission REX, qui traite des relations extérieures, Jonathan Peel a fait observer que le commerce n’a jamais été aussi menacé qu’à l’heure actuelle. L’AECG représente à ses yeux l’accord le plus significatif que l’on ait vu depuis bien longtemps et le premier à avoir été conclu, en matière commerciale, entre deux des plus grandes entités industrialisées de la planète. Par ailleurs, il a insisté sur l’importance que la protection des investissements et les enjeux agricoles revêtent dans les conventions ainsi passées.

Faisant partie de la délégation lituanienne au sein du groupe des employeurs, Gintaras MORKIS a expliqué à l’assemblée que dans son pays, plus de 150 entreprises réalisent déjà des exportations vers le Canada et que bien d’autres encore nourrissent de fortes attentes vis-à-vis de l’AECG. Il pense que l’ouverture effective de nouveaux marchés est extrêmement importante pour la Lituanie, dans un contexte où les échanges entre l’UE et la Russie sont aujourd’hui soumis à des restrictions alors que les négociations sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) se sont enlisées. Et d’ajouter qu’en ce début d’année, son Parlement national pourrait bien être le premier de tous ceux de l’UE à ratifier l’AECG.

Président du groupe des employeurs et du comité de suivi des relations transatlantiques du CESE, Jacek KRAWCZYK a rappelé que ce dernier a fait de l’accord économique et commercial global sa priorité pour 2016. Il a proposé par ailleurs de coorganiser une table ronde des entreprises sur cet accord et a formulé cette observation: «On peut légitimement affirmer que dans l’environnement mondial, l’AECG a acquis une valeur quasi symbolique, se présentant comme une occasion rêvée de rehausser l’image générale du commerce international.» Le moment est venu de démontrer que l’AECG a ouvert des perspectives formidables pour nos entreprises, nos États et nos sociétés!

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