Le CESE propose des mesures pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies

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Une occasion de tracer la voie d’une Europe durable

Lors de sa session plénière du 21 septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté son avis sur le thème «Développement durable – Recensement des politiques intérieures et extérieures de l’UE», un avis exploratoire élaboré à la demande de la Commission européenne. La Commission procède actuellement à un exercice de recensement visant à déterminer, parmi les politiques menées par l’Union, celles qui relèvent déjà les défis posés par les objectifs de développement durable (ODD).

Dans son avis, le CESE fait notamment référence à la chance que représente cette transition: les défis structurels critiques auxquels l’UE est actuellement confrontée sur le plan politique, social et économique ne devraient pas constituer un obstacle; le programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 devrait au contraire être le moteur permettant de façonner l’économie de l’UE dans le sens de la durabilité et de l’inclusion sociale. Les ODD sont non seulement importants pour les politiques extérieures et de développement de l’UE, mais aussi essentiels pour nos politiques intérieures. Si nous voulons atteindre les ODD, nous devons lutter contre la pauvreté, le chômage et les inégalités sociales au sein de l’Union européenne. Nous devons en outre poursuivre la transformation de notre économie en une économie circulaire et à faibles émissions de carbone. L’un ne peut aller sans l’autre! Les ODD exigent des États qu’ils poursuivent ces deux ambitions de manière intégrée.

L’UE devrait se servir du programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 comme d’un tremplin pour présenter aux citoyens européens une nouvelle vision et un nouveau discours sur une Europe durable en 2030. Cela contribuerait également à combler le manque de confiance sans précédent des citoyens européens dans le projet de l’Union, et notamment à gagner le soutien des jeunes. Le Comité plaide en faveur d’une stratégie globale et intégrée pour une Europe durable à l’horizon 2030 et au-delà, qui fournisse les perspectives à long terme ainsi que la coordination et la cohérence des politiques qui s’imposent pour la mise en œuvre du programme des Nations unies à l’horizon 2030.

Priorité aux secteurs clés qui favorisent la transition vers une Europe durable

Dans son avis, le CESE a d’ores et déjà répertorié des domaines d’action clés qui sont porteurs de changements, par exemple:

  • Une transition équitable vers une économie sobre en carbone, circulaire et collaborative: cette transition constitue pour l’UE l’occasion de moderniser son économie, en développant ainsi sa compétitivité et sa résilience, tout en améliorant la qualité de vie et le bien-être de ses citoyens. Il est évident que les progrès doivent être plus rapides dans la transition vers une économie circulaire et sobre en carbone. Il convient de s’appuyer sur le semestre européen en tant que cadre de gouvernance.
  • Transition vers une économie et une société fondées sur l’inclusion sociale, offrant des conditions de travail décentes et respectant les droits de l’homme: l’UE doit réorienter son système économique au profit d’un modèle plus inclusif, dans lequel les richesses seront réparties plus équitablement. Des normes en matière d’emploi et un revenu minimum européen contribueront à garantir la cohésion territoriale et sociale. Une économie numérique, circulaire et sobre en carbone recèle aussi un immense potentiel de création d’emplois, qu’il convient d’exploiter.
  • Transition vers une production et une consommation alimentaires durables: l’Europe a besoin d’une politique alimentaire durable et intégrée. Les producteurs doivent accroître la production alimentaire tout en réduisant les répercussions sur l’environnement, tandis que les consommateurs doivent être encouragés à opter pour des régimes alimentaires sains et nutritifs qui ont une faible empreinte carbone. L’Europe doit aussi repenser la stratégie d’exportation de son secteur agricole, qui peut nuire à la production alimentaire dans les pays en développement. Un autre défi à relever est celui du gaspillage alimentaire: 100 millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées rien que dans l’UE.
  • Investissement dans l’innovation et dans la modernisation à long terme de l’infrastructure et soutien aux entreprises durables: la durabilité présente un intérêt évident pour les entreprises. Certaines se sont déjà lancées sur cette voie, mais il est primordial de développer et de reproduire les projets concluants en matière de durabilité. Les programmes de financement de l’Union doivent être alignés sur les ODD. Le plan Juncker joue un rôle déterminant et devrait être adapté afin de relever pleinement le défi que constitue la réalisation des ODD dans l’UE.
  • Mise à contribution du commerce au service d’un développement mondial durable: les accords commerciaux et d’investissement doivent être conçus dans une optique sociale et écologique. Une participation nettement accrue de la société civile tout au long des négociations et du processus de mise en œuvre et de suivi constitue le meilleur moyen de garantir des normes sociales, environnementales et de travail dans les accords de libre-échange.

Dans l’ensemble, l’UE doit améliorer la cohérence de ses politiques et veiller à ce qu’elles poursuivent avec constance un développement durable et équilibré.

Les citoyens et la société civile sont des partenaires essentiels

Le processus de transition devrait être mû par une volonté politique ferme et s’accompagner d’une vaste campagne d’information pour s’assurer du soutien des Européens. «Nous avons besoin de la société civile et des citoyens en tant que partenaires dans ce processus car, en définitive, ce sont eux qui mèneront à bien cette transition», ont déclaré M. Ioannis Vardakastanis et Mme Jarmila Dubravská, rapporteurs de cet avis.

L’UE devrait adopter une approche pluripartite pour la réalisation des ODD, c’est-à-dire associer tous les acteurs et les organisations de la société civile sur la base des principes de participation, de responsabilité et de partenariat. Le Comité a proposé la création d’un Forum de la société civile européenne en faveur du développement durable, afin de donner à la société civile un rôle important dans la mise en œuvre et le suivi des objectifs de développement durable. http://www.eesc.europa.eu/?i=portal.fr.nat-opinions.38299

Le CESE fait lui-même partie d’une coalition internationale pour une gouvernance à plusieurs niveaux et pluripartite aux côtés du CdR, de l’OCDE et du Comité 21, et organisera une conférence sur ce sujet le 5 octobre à Bruxelles.