EESC members visit Japan to talk trade and sustainable development with authorities and civil society organisations

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Tout récemment (du 27 au 31 janvier), une délégation de membres du comité de suivi UE-Japon du CESE s’est rendue en visite au Japon pour débattre de la mise en œuvre de l’accord de partenariat économique (APE) – en vigueur depuis le mois de février 2019 – et renforcer la coopération avec la partie japonaise. La visite comportait une table ronde sur l’économie circulaire et un premier dialogue conjoint UE-Japon avec la société civile dans le cadre de l’APE. Des questions relatives au commerce et au développement durable étaient inscrites à l’ordre du jour. 

Le principal objectif de la mission du CESE était de poursuivre la bonne coopération et les contacts noués au fil des ans avec les organisations et les institutions de la société civile japonaise et de préparer le premier dialogue conjoint avec la société civile, lequel a eu lieu le 31 janvier. Le CESE a bénéficié du concours de la délégation de l’UE à Tokyo (SEAE) et du Centre de coopération industrielle UE-Japon.

La mission comportait également des rencontres avec les principales organisations japonaises d’employeurs et de travailleurs telles que la Fédération des organisations économiques japonaises (le Keidanren), la Confédération des syndicats japonais (RENGO), l’Union japonaise des coopératives de consommateurs (JCCU COOP) et le réseau japonais Femmes pour l’innovation (J-Win). Ces réunions ont permis à la délégation du CESE de s’informer auprès de ses homologues japonais de la mise en œuvre de l’APE UE-Japon et d’en apprendre davantage sur l’autonomisation des femmes et leur participation au marché du travail.

Le Conseil des entreprises européennes au Japon a également apporté un éclairage sur certains aspects très intéressants de la mise en œuvre de l’APE tels que la nécessité d’associer les importateurs japonais à son évaluation et d’examiner le bouquet énergétique du Japon. La mission a également été l’occasion d’un débat très fructueux sur la poursuite de la coopération avec le ministère des affaires étrangères japonais.

Les membres du CESE ont aussi rencontré des représentants d’organisations internationales telles que l’Organisation internationale du travail (OIT), afin d’explorer plus avant les défis auxquels le Japon est confronté dans le cadre de sa ratification des conventions de l’OIT, et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec laquelle ils ont examiné les défis liés au vieillissement de la population et aux objectifs de développement durable.

Un accord ambitieux

L’APE UE-Japon devrait avoir un impact très positif pour les deux parties. À moyen terme, 97 % des droits de douane sur les exportations de l’UE seront supprimés, ce qui permettra de réaliser des économies annuelles de 1 milliard d’EUR. En conséquence, les exportations de l’UE vers le Japon pourraient connaître une augmentation allant jusqu’à 34 %, et le produit intérieur brut de l’Union (PIB) un supplément de croissance allant jusqu’à 0,75 %.

Eve Päärendson, présidente du comité de suivi UE-Japon, a déclaré: L’APE entre l’UE et le Japon revêt une importance majeure au niveau mondial: c’est à ce jour le plus grand accord commercial en vigueur conclu par les deux parties et il aura un impact énorme sur nos échanges et nos investissements mutuels. Il représente près d’un tiers du PIB mondial et 40 % du commerce mondial. Son importance va toutefois bien au-delà de la simple économie: il développera le commerce international tout en tenant compte des aspects environnementaux et du travail.

La mission a lancé avec succès le dialogue UE-Japon sur la société civile dans le cadre de l’APE UE-Japon et constitue également une démonstration parfaite de la valeur ajoutée que peut apporter ce type de dialogue avec les organisations homologues.

Questions liées à l’emploi

Au cours de la mission, les membres du CESE ont rencontré des représentants de l’Organisation internationale du travail afin de s’enquérir de l’état d’avancement des travaux concernant la législation et la réglementation japonaises en matière de ratification des conventions fondamentales de l’OIT. Les représentants de la Confédération des syndicats japonais ont insisté sur le fait que des réformes juridiques étaient nécessaires au Japon pour que ces conventions soient approuvées et ont demandé le soutien de l’UE pour sensibiliser les autorités japonaises.

La participation des femmes au marché du travail a également fait l’objet de discussions avec des représentants de cette organisation.  Laure Batut et Erika Koller, membres du groupe des travailleurs du CESE, ont demandé que des progrès soient accomplis en ce qui concerne l’intégration de la «Womenomics», initiative promue par Shinzō Abe, premier ministre japonais, afin d’aider les femmes à être plus actives sur le marché du travail. Il leur a été répondu que le gouvernement essaie de s’attaquer à cette question étant donné qu’en 2019, le Japon se classait 121e sur 153 dans l’indice mondial d’écart entre les sexes du Forum économique mondial, qui mesure l’égalité entre les femmes et les hommes dans chaque pays.

Environnement et économie circulaire

Le calendrier de la mission comportait également une table ronde sur l’économie circulaire, à laquelle a participé un large éventail d’organisations environnementales japonaises. Cette table ronde avait pour objectif principal de présenter l’initiative du pacte vert pour l’Europe, qui met notamment en évidence le potentiel de l’économie circulaire pour la création de nouvelles activités et de nouveaux emplois. Les représentants du CESE ont également eu l’occasion d’observer quelques exemples de bonnes pratiques, entre autres lors d’une visite du site des Jeux olympiques de Tokyo de 2020, lesquels ont pour ambition d’être les Jeux olympiques les plus respectueux de l’environnement jamais organisés.

Dans son discours d’ouverture, Mme Päärendson a notamment déclaré: l’économie circulaire est importante car nous sommes sur le point d’atteindre les limites de notre planète. Faisant valoir le caractère crucial de la coopération internationale, particulièrement au niveau du G20, elle a ajouté que L’UE et le Japon peuvent jouer un rôle de premier plan dans ce domaine, et il ne fait aucun doute que les organisations de la société civile doivent être associées à ce processus.

Lors de la table ronde, Peter Clever, du groupe des employeurs du CESE, a présenté la plateforme européenne des parties prenantes sur l’économie circulaire, dont l’objectif est de rassembler des informations, des connaissances et des compétences en partageant des exemples de pratiques pertinentes en Europe. Michael McLoughlin, du groupe «Diversité Europe» du CESE, a souligné la nécessité d’une transition juste, qui prendrait également en considération les laissés pour compte. Toutefois, a-t-il souligné, l’on ne peut attendre des entreprises qu’elles fassent tout le travail. Les gouvernements doivent prendre des mesures concrètes.

Le rôle de la société civile

L’APE UE-Japon est le tout premier à inclure des références à l’accord de Paris sur le climat dans son chapitre relatif au commerce et au développement durable. Le suivi de l’accord a été confié à des groupes consultatifs internes (GCI) mis en place par chacune des parties, qui présentent des avis et formulent des recommandations sur la mise en œuvre du chapitre au sein de l’APE UE-Japon.

Du côté de l’UE, le GCI existe déjà et comprend des membres des trois groupes du CESE (employeurs, travailleurs et Diversité Europe). Lors du premier dialogue commun avec la société civile, la partie japonaise était représentée par des membres du Conseil central de l’environnement et du Conseil de la politique du travail.

En ce qui concerne le rôle des GCI, Krzysztof Pater, du groupe «Diversité Europe» du CESE, a insisté sur l’importance de persuader les autorités japonaises de consulter la société civile et de permettre à celle-ci d’exercer un suivi de l’APE. Il a également indiqué qu’il était fondamental que les membres des GCI partagent leurs informations et leur expérience avec leurs homologues.

Mme Päärendson a salué le lancement réussi du dialogue conjoint UE-Japon sur la société civile, qui a démontré la valeur ajoutée que ce type de dialogue peut apporter en renforçant les liens entre les deux parties. Le Japon est le partenaire le plus proche de l’UE, a-t-elle commenté, et il existe de nombreux domaines dans lesquels nous devrions coopérer davantage. Le commerce en est bien évidemment un. La prochaine réunion aura lieu à Bruxelles dans un délai de douze mois.

Le 30 janvier, un symposium à l’intention des organisations de la société civile japonaise a été organisé afin de mettre sur pied un forum de discussion sur la participation de la société civile à l’élaboration des politiques et sur le suivi de la mise en œuvre des accords commerciaux. Ce symposium a été suivi d’une intervention du comité «Commerce et développement durable».

La mission s’est achevée par une réunion avec Atsushi Namba, directeur de la division des affaires économiques avec l’Union européenne du ministère japonais des affaires étrangères; elle avait pour objectif de faire le bilan du premier dialogue conjoint avec la société civile et d’échanger des idées sur la préparation de la prochaine réunion à Bruxelles.