Conférence du Parlement rural en Suède sur le développement des zones rurales

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À l’invitation de Staffan Nilsson, ancien président du CESE (actuellement coprésident du Parlement rural suédois, un mouvement de la société civile), István Komoróczki, membre du groupe des employeurs et des sections NAT et REX du CESE, a participé à la réunion de trois jours à Örnsköldsvik, à 440 km au nord de Stockholm. Cette manifestation, organisée tous les deux ans, a coïncidé avec le lancement de la campagne électorale et tous les dirigeants de partis politiques suédois – ayant en vue les élections du 9 septembre 2018 – ont donc accepté avec joie cet appel à exprimer leur point de vue sur la nécessité de développer certaines zones de la campagne suédoise et sur les moyens d’y parvenir. Un bref rapport sera rédigé par István Komoróczki.

Malgré les moyens de transport développés actuels, il n’est pas aisé de se rendre à Örnsköldsvik. Toutefois, les beaux paysages, le temps favorable et le chaleureux accueil des organisateurs du Parlement rural ont compensé toutes ces difficultés. Le premier jour, des visites de projets locaux ont été organisées en bus pour permettre aux participants d’écouter de nouvelles idées et d’observer les efforts locaux concrets qui sont déployés pour développer les zones rurales. Des ONG locales, des représentants de clubs sportifs, des militants passionnés d’ONG et d’organismes culturels locaux, ainsi que des dirigeants d’entreprises ont exprimé leur intention de mobiliser leurs efforts et leurs idées afin de trouver un financement local et un soutien de la communauté pour concevoir des espaces d’habitation, créer et moderniser des lieux de travail et offrir des possibilités de scolarisation aux familles qui sont prêtes à y vivre ou à s’y installer. Tant les entreprises que les municipalités sont conscientes que l’exode des habitants des régions rurales vers les grandes villes doit être ralenti ou arrêté si l’on veut maintenir une vie locale et une activité économique normales et durables. Comme plusieurs présidents de partis politiques ont assisté au deuxième jour de la réunion pour débattre de questions importantes relatives à la vie rurale et au pays dans son ensemble, cette manifestation a été très suivie par les médias et les titres dans la presse du week-end reprenaient certains sujets discutés à cette occasion. Les séminaires organisés le matin et l’après-midi ont permis aux participants d’examiner des projets de développement concrets mis en œuvre par des ONG dans des zones qui ont moins bénéficié des efforts du gouvernement central. (Cependant, il est également prévu d’investir des sommes considérables dans la numérisation complète du pays, ce qui démontre une réelle volonté de soutenir et de permettre à tous de tirer parti de la société de l’information.)

L’urbanisation globale s’est ensuite étendue, causant rapidement un fossé croissant entre les grandes villes et les zones rurales à mesure que les foules s’établissent dans ces villes et rendent ainsi progressivement impossible pour les agriculteurs locaux et les employeurs de l’industrie de la transformation alimentaire et d’autres secteurs de trouver des travailleurs compétents, des clients pour le commerce local, etc. Le Parlement rural, établi depuis plus 30 ans, a conscience de ce problème depuis longtemps et a tenté de présenter des exemples, des projets intéressants et des idées susceptibles de le résoudre. Ces efforts n’ont apparemment pas été vains: les participants ont beaucoup appris sur la manière de proposer de nouvelles idées et de les faire aboutir, ainsi que sur la façon d’intéresser et/ou d’attirer les autres citoyens pour faire connaître ces régions. Un groupe d’invités motivés provenant des régions septentrionales, de la Finlande, de la Pologne et de l’Estonie a été récompensé lors d’un dîner de gala en recevant des diplômes, des dons et des cadeaux pour leur contribution concrète et quotidienne à l’amélioration du développement rural.

Le principal message que j’ai retenu de cette manifestation est que, malgré les difficultés croissantes, la société civile organisée a à la fois la volonté et la capacité de trouver des moyens pour répondre aux besoins des zones rurales et pour les développer de manière durable. Les endroits comme Örnsköldsvik sont le berceau de notre culture nationale, des lieux où l’on peut et où l’on devrait visiter les merveilles de la nature et d’où proviennent notre alimentation quotidienne, ainsi que les matières premières et les ressources énergétiques utilisées par nos sociétés et entreprises. Les leçons retenues lors des réunions à Örnsköldsvik, et en particulier celles liées aux activités permanentes des OSC, peuvent et doivent être transmises également à d’autres pays.

Dr. Istvan Komoróczki
Membre du groupe des employeurs
Fédération nationale des coopératives de consommateurs et sociétés commerciales