Baiba MILTOVIČA: les consommateurs face à la COVID-19

Le coronavirus est l’une des plus grandes crises auxquelles l’Union européenne ait jamais été confrontée. La propagation du virus va continuer de frapper les économies des États membres de l’Union européenne, ce qui représente une menace majeure non seulement pour les entreprises et l’emploi, mais aussi pour les consommateurs. Cette perspective a incité les gouvernements à mettre en œuvre des mesures exceptionnelles destinées à protéger les personnes.

En Lettonie, le gouvernement a agi rapidement dès l’apparition des premiers cas de COVID-19, en mettant en place des mesures à grande échelle pour contenir le virus. Les Lettons n’ont pas été contraints à un confinement strict comme les citoyens d’autres pays de l’Union, mais ils ont veillé à appliquer des mesures globales de sécurité: une exigence de distanciation sociale, des opérations de désinfection, la fermeture des centres commerciaux le week-end et pendant les congés, le respect d’une distance physique de deux mètres lors des interactions sociales et des rassemblements, à l’intérieur comme à l’extérieur, etc. La population a respecté ces règles.

Dans un entretien avec le magazine The Telegraph, le premier ministre Kariņš a expliqué comment il avait dû trouver un équilibre entre «préserver la santé des citoyens» et «causer le moins possible de dommages» à l’économie du pays.

Nous devons être encore très attentifs, étant donné que l’Europe présente toujours un nombre élevé de cas d’infections au coronavirus. Tant qu’il n’y aura pas d’immunité contre le virus, nous vivrons sous la menace d’une récidive. En outre, tant qu’il existe des foyers actifs où la maladie survient, il y aura un risque de nouvelle propagation. Il est impossible de prédire pendant combien de temps ces mesures de sécurité devront absolument être maintenues, mais il est clair que la situation actuelle affecte la santé mentale et psychologique de la population, ainsi que ses comportements.

Les associations de consommateurs de la société civile ont déjà signalé que les comportements des consommateurs et leurs habitudes d’achat sont en train de changer. Les gens vivent différemment, ils consomment de manière différente et, à bien des égards, pensent d’une autre manière. Les consommateurs sont profondément préoccupés par l’incidence de la COVID-19, à la fois du point de vue sanitaire et économique, et ils se concentrent par conséquent sur leurs besoins les plus élémentaires.

Les consommateurs font des achats plus conscients, en privilégiant, d’une part, les produits locaux et, d’autre part, le commerce électronique. Le paysage commercial est en train de changer, avec une progression de l’offre en ligne. Une grande partie de ces nouveaux modes de consommation se maintiendront après cette période de la COVID-19. Pour cette raison, les organisations de consommateurs de la société civile doivent analyser et comprendre ces nouvelles réalités et ces nouvelles tendances, afin d’assurer de manière adéquate la protection des citoyens.

Renforcer la confiance des consommateurs reste essentiel pour le commerce électronique, sur l’ensemble du marché. La communication de l’information, la protection des paiements, les produits dangereux, la résolution des différends, le respect des règles et l’éducation ne sont que quelques unes des questions sur lesquelles les organisations de consommateurs vont continuer à travailler et qu’elles vont suivre de près.

L’Association nationale lettone de protection des consommateurs s’est engagée à soutenir les gouvernements et les municipalités dans leurs mesures destinées à protéger les consommateurs les plus vulnérables de la COVID-19. Étant donné que cette crise s’inscrit dans la durée, une solidarité et une coordination avec les organisations de la société civile s’imposent.

Dans la période qui suivra la crise de la COVID-19, nous aurons besoin, outre des efforts des organisations nationales de la société civile, d’un CESE fort et stable, dont les membres disposent des connaissances nécessaires et sont prêts à travailler pour représenter à part entière les intérêts de ces organisations de la société civile.