Anne Demelenne: La pandémie a montré la fragilité de notre système

Mon mari et moi avons vécu le confinement à la maison avec beaucoup de sérénité. Mon mari fait partie du groupe de la population qui présente un risque plus élevé et nous avons pris toutes les précautions.

Dès le tout début de la pandémie, nous avons porté des masques et des gants et nous avons toujours gardé la distance indiquée. Nous voulions éviter de prendre des risques majeurs et aussi préserver l’intérêt général ainsi que celui du personnel soignant et des travailleurs de première ligne.

Concernant la situation en Belgique, il est clair que nous n’étions pas préparés. Il y a eu un manque de transparence qui devra être étudié plus tard, mais aussi une pénurie de masques, de tests pour la population, etc. Je ne sais pas ce qui se passe dans les autres pays, on ne connaît que ce que les médias publient, mais en Belgique, la situation est particulièrement difficile dans les maisons de repos. Une fois la crise passée, il faudra mener des enquêtes parlementaires pour mettre en évidence la source de ce problème.

Le rôle de la société civile pendant la pandémie reste essentiel, elle est là pour contrôler la démocratie. Au niveau opérationnel, en Belgique, les gens qui ont perdu leur emploi sont en chômage temporaire avec un système d’allocations qui était déjà affaibli en raison des mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. Pendant la pandémie, nous avons pu constater la solidarité entre les gens, mais pas entre les États membres de l’Union européenne.

La pandémie a montré la fragilité de notre système. Il faut la considérer comme une opportunité pour aller vers un système qui respecte davantage les êtres humains, les droits sociaux et l’environnement.