«Nous nous battons pour l’avenir de tous», a déclaré au CESE Greta Thunberg, militante pour le climat

Lors d’une manifestation organisée le 21 février 2019, le Comité économique et social européen (CESE) a débattu du rôle crucial que la société civile organisée doit jouer dans une véritable «rEUnaissance». Ce débat a réuni, à un peu plus de 90 jours des élections européennes, les plus hauts représentants des institutions européennes et des organisations de la société civile de l’ensemble de l’Union.

En faisant référence à la montée de l’euroscepticisme, de la xénophobie et du racisme partout en Europe, Luca Jahier, président du CESE, a affirmé que la démocratie est menacée et que les valeurs européennes sont remises en question. «L’heure n’est pas à la résignation, c’est le moment de rêver et d’oser», a-t-il déclaré. Le rôle du CESE est essentiel à cet égard: «Nous donnons la parole aux milliers de gens qui constituent “l’Europe au travail”. Nous devons veiller à ce que ce dialogue ne soit jamais mis en péril. La pire chose à faire serait de garder le silence. Nous devons au contraire faire entendre la voix des “bonnes personnes”» a-t-il poursuivi. Il conclut: «quoi qu’il en coûte, nous oserons bâtir une Europe durable».

«Nous devons protéger la biosphère, l’air, les océans, les sols et les forêts», a souligné Greta Thunberg, militante suédoise pour le climat âgée de 16 ans, indiquant clairement qu’il est impératif d’agir dès à présent pour lutter contre le changement climatique. Elle a prévenu qu’il ne nous reste plus que 11 années avant qu’une catastrophe irréversible ne se produise. «Nous ne luttons pas uniquement pour l’avenir des jeunes générations: nous nous battons pour l’avenir de tous. Nous avons commencé à remédier au problème et nous continuerons tant que nous n’aurons pas terminé», a-t-elle conclu.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a déclaré soutenir le mouvement initié par Greta Thunberg, car «il peut susciter le changement, il s’est étendu à de nombreuses villes et aujourd’hui, un message commun résonne dans les rues de l’Europe». Il a aussi rappelé que le «plan Juncker» avait contribué considérablement à accroître les investissements écologiques en Europe au cours de son mandat.

Karl-Heinz Lambertz, président du Comité européen des régions, a déclaré que cet événement marquait «la volonté commune de travailler ensemble». Il a ajouté «nous parlons de la même chose, à savoir rebâtir l’Union. Il ne faut pas ignorer les progrès déjà réalisés mais il est temps de changer d’approche. Nos citoyens et nos régions restent le territoire inexploré de nos démocraties. Nous devons les associer pleinement à la construction européenne. L’Union ne peut renaître que du désir des Européens.

L’organisation de la manifestation «la société civile pour la rEUnaissance» avait pour but de mobiliser la société civile afin de soutenir les valeurs démocratiques consacrées dans les traités et d’aider à tracer la voie pour l’avenir de l’Europe, en vue des élections européennes. Markus J. Beyrer, directeur général de BusinessEurope, Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), et Conny Reuter, secrétaire général de Solidar, ont participé au débat, au cours duquel se sont exprimés de nombreux autres orateurs, notamment Madeleina Kay, surnommée la «Supergirl de l’UE». (mp)