Le rôle de la Turquie dans la crise des réfugiés est essentiel mais des améliorations doivent pouvoir être obtenues

Dans un avis adopté en plénière en février dernier, le Comité économique et social européen (CESE) déclare qu’il reconnait les efforts déployés par la Turquie pour accueillir plus de trois millions de réfugiés, mais il souligne que ce pays doit leur octroyer la protection non discriminatoire prévue par le droit international.

Le CESE critique également le fait que «les réfugiés en Turquie sont confrontés à d’importants obstacles, des lacunes et des problèmes en ce qui concerne l’accès à l’emploi et aux services de base, tels que la santé et la protection sociale, l’éducation et, plus généralement, les processus d’intégration dans la société.

Par ailleurs, les performances des États membres de l’Union en matière de relocalisation comme de réinstallation des réfugiés continuent d’être une source de déception, souligne M. Dimitris Dimitriadis, le rapporteur, qui ajoute que le CESE condamne sans ambages l’attitude xénophobe que certains États membres affichent dans le contexte de la crise des réfugiés.

Il déclare que le CESE appelle de ses vœux la mise en place d’un «mécanisme, rigoureux et indépendant» qui permette de contrôler si les deux parties respectent et appliquent la déclaration UE-Turquie sur les réfugiés.

Le CESE fait part également de son inquiétude face à la situation des droits de l’homme en Turquie ainsi que les obstacles rencontrés de plus en plus souvent par les organisations de la société civile turque, compte tenu de leur contribution importante à la gestion de la situation humanitaire des réfugiés.

«C’est un grand défi pour un pays que d’accueillir un si grand nombre de migrants, mais cela n’exonère pas celui-ci de la responsabilité de les recevoir en toute dignité», ont conclu des membres du CESE au cours du débat sur l’avis. (ll)