L'Europe du travail - Nous avons besoin de plus de cohésion économique et sociale

Réunion extraordinaire du groupe des travailleurs

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La période à venir sera décisive pour l'avenir des institutions de l'UE en général, mais en particulier pour les conditions de vie et de travail des citoyens de l'UE. C'est pourquoi, le groupe des travailleurs du Comité économique et social européen organise une réunion extraordinaire à Sofia, Bulgarie, pour discuter des réalisations sociales de la présidence bulgare de l'UE et envisager les futurs défis jalonnant le chemin vers une Europe sociale pour tous et toutes. Parmi les orateurs figurent la vice-première ministre Ekaterina Zaharieva. Étant donné que le pilier européen des droits sociaux est un élément fondamental et déterminant pour parvenir à une plus grande cohésion sociale et économique, les discussions porteront sur sa mise en œuvre et son financement sur la base d'une étude innovante menée par l'Observatoire social européen.

Le premier jour, la présidente du groupe des travailleurs, Gabriele Bischoff, accueillera les participants, et le vice-ministre chargé de la présidence bulgare du Conseil de l'UE, Oleg Petkov, prononcera le discours d'ouverture.

La réunion commencera avec les interventions de Sultanka Petrova, vice-ministre du travail et de la politique sociale, Plamen Dimitrov, président de la confédération des syndicats indépendants, et Dimitar Manolov, président de la confédération syndicale Podkrepa. La discussion portera sur les réalisations sociales de la présidence bulgare et sur les négociations en cours concernant le cadre financier pluriannuel (CFP) après 2020. Le CFP fixe le budget annuel des politiques de l'UE pour sept ans et joue donc une part très importante dans la réalisation de l'objectif du pilier européen des droits sociaux, qui est de servir de boussole vers une convergence sociale vers le haut pour assurer la cohésion sociale et économique en garantissant l’égalité des chances et l’accès au marché du travail, des conditions de travail équitables, une rémunération juste, la protection et l'inclusion sociales.

Le premier jour de la réunion se terminera par une présentation de Philippe Pochet, directeur général de l'Institut syndical européen (ETUI), et un débat sur le rapport «Benchmarking Europe 2018». La présentation est basée sur une étude de l'ETUI qui démontre que, malgré une croissance économique renouvelée en termes de PIB, les bénéfices de cette croissance sont inégalement partagés et des problèmes structurels demeurent dans les domaines de l'éducation, des infrastructures et de la recherche et développement, en raison de la préférence que l'UE accorde à la déréglementation du marché du travail et à l'austérité fiscale.

Ekaterina Zaharieva, vice-première ministre chargée de la réforme judiciaire et ministre des affaires étrangères, ouvrira la réunion au cours de la deuxième journée. Elle abordera les aspects économiques et sociaux de la politique extérieure de l'UE, y compris les questions auxquelles l'Europe est actuellement confrontée, telles l'élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux et la migration.

Le groupe des travailleurs discutera de la récente étude «Mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux: ce qui est nécessaire pour garantir un impact social positif» et des mesures concrètes pour le financement du pilier sur la base de cette étude. Sebastiano Sabato, co-auteur de l'étude, en présentera les principales conclusions. L'étude souligne la nécessité de garantir un financement adéquat au niveau de l'UE dans le cadre du CFP (par le biais du Fonds européen pour les investissements stratégiques et la BEI) et au niveau des États membres (plus de marge budgétaire pour les investissements sociaux sous la «règle d'or»). Il appelle également à l'élaboration d'une feuille de route pour la mise en œuvre du pilier et l'établissement d'objectifs sociaux contraignants, par exemple dans le cadre du processus du semestre européen.

Les inégalités salariales dans l'UE sont une des causes profondes des inégalités sociales et économiques qui alimentent la propagande des populistes. Une application rigoureuse du pilier social pourrait inverser cette tendance et le groupe des travailleurs consacrera une session spécifique à cette question. Cette séance sera enrichie par des interventions de Lyuben Tomev, Directeur de l'Institut de recherches sociales et syndicales ISTUR, et de  Vanya Grigorova, conseiller économique de l'Institut de recherche sociale, économique et syndicale ISETUR.