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Investir dans une industrie intelligente, innovante et durable (saisine)

Investir dans une industrie intelligente, innovante et durable (saisine)


Moteur essentiel de la productivité et de l’innovation, l’industrie a toujours été une pierre angulaire de la prospérité économique en Europe. Nous pouvons nous appuyer sur une base industrielle solide, mais des efforts importants sont nécessaires de la part des États membres, des institutions de l’UE et, surtout, de l’industrie elle-même afin de maintenir et de renforcer la primauté industrielle de l’Europe à l’ère de la mondialisation, des défis du développement durable et de changements technologiques rapides.

Dans le cadre de ses orientations politiques, le président Juncker a souligné l’importance d’une industrie forte et hautement performante pour l’avenir de l’économie européenne, ainsi que la nécessité de faire revenir le poids de l’industrie dans le PIB de l’UE à 20 % d’ici 2020. L’industrie fournit 36 millions d’emplois directs et contribue au niveau de vie élevé de nos concitoyens. Elle joue un rôle majeur pour ce qui est d’appuyer le leadership mondial de l’Europe et sa stature internationale. Le président du Parlement européen a lui aussi rappelé récemment qu’il est important de prêter une attention toute particulière à la base industrielle de l’Europe dans nos politiques.

L’Europe est à la pointe à l’échelle mondiale dans de nombreux secteurs industriels, notamment pour ce qui est de produits et de services sophistiqués, à haute valeur ajoutée et à faible intensité de carbone. Une position qu’elle a acquise grâce à un vaste marché unique comptant 500 millions de consommateurs, de fortes chaînes de valeur, une main-d’œuvre qualifiée et pleine de savoir-faire et une base scientifique de classe mondiale. Cependant, des efforts considérables s’imposent pour s’adapter aux défis que présente le nouvel âge industriel et tirer parti des vastes possibilités qu’il offre

Cette nouvelle ère industrielle se caractérise par l’accélération du rythme des transformations économiques, sociétales et environnementales, ainsi que par des percées technologiques majeures dans des domaines tels que la robotique, l’internet des objets, l’intelligence artificielle, les systèmes énergétiques et la bioéconomie. L’automatisation, rendue possible par les technologies de l’information, transforme les processus de fabrication traditionnels ainsi que la nature du travail. L’industrie est de plus en plus intégrée dans des chaînes de valeur mondiales, comportant de fortes composantes de service. Les modèles économiques émergents perturbent les marchés traditionnels.

L’innovation elle-même et la création de valeur connaissent de profonds changements provoqués par une nouvelle génération de consommateurs qui attendent de la cocréation de valeur, de la connectivité et des mesures de la performance en temps réel. Il en résulte aussi un estompement de la distinction entre le processus de fabrication et les services. Les données sont en passe de devenir le nouveau facteur de compétitivité dans notre monde connecté. Et dans un contexte de raréfaction des ressources naturelles et de changement climatique sans cesse plus tangible, la demande en produits durables et la consommation circulaire s’accroîtront de manière exponentielle.

Ces tendances sont concrètes et irréversibles, et l’industrie commence à saisir les possibilités qu’elles font naître. L’industrie de l’UE a été capable d’inverser le déclin de ses parts de marché à l’exportation et de la part du secteur industriel dans la valeur ajoutée totale. Les parts de marché des exportations de l’UE affichent une hausse progressive pour les biens et se montrent stables pour les services. La valeur ajoutée brute de l’industrie rapportée à l’UE-27 a augmenté de 6,4 % entre 2009 et 2016, l’augmentation a été de 4,7 % pour l’UE-28. La contribution des secteurs manufacturiers et des ressources issues des industries extractives et des services d’utilité publique à la valeur ajoutée totale représentait 21 % dans l’UE-27 (19 % dans l’UE-28) en 2016. La valeur ajoutée du secteur manufacturier a crû à elle seule de 25 % dans l’UE-27 (23 % dans l’UE-28) en termes réels depuis 2009, tandis que sa part dans l’économie est passée de 15,5 % (14,7 % dans l’UE-28) à 17,1 % (16,1 % dans l’UE-28).