Je suis surpris par la facilité avec laquelle certains leaders européens remettent en cause le droit à la libre circulation, l'un des rares avantages tangibles, pour les citoyens, de l'adhésion à l'UE et de l'intégration européenne. Je suis d'accord que nous devons agir de manière responsable dans le cadre de Schengen pour contrôler nos frontières extérieures. Par contre, je désapprouve les ultimatums des États membres menaçant de quitter l'espace Schengen si l'on ne prend pas telle ou telle mesure, de même que l'idée de transformer l'Europe en forteresse. Avons-nous oublié notre passé colonial? Et si l'on reprenait la question par le début en formulant des propositions constructives pour améliorer la coopération?
La commissaire chargée des affaires intérieures a récemment formulé une très bonne proposition pour renforcer Schengen, faisant observer à juste titre que si Schengen permet la libre circulation de 400 millions de citoyens, ces accords ne peuvent fonctionner que si les gens ont confiance dans le système. Or, cette confiance ne peut s'établir si certains États membres se disputent entre eux (comme la France et l'Italie l'année dernière), si des dirigeants menacent de rétablir les contrôles aux frontières ou si les contrôles aux frontières méridionales ou orientales sont insuffisants. Si certains pays ne parviennent pas à assurer un contrôle externe, cela signifie qu'ils ont besoin d'aide pour gérer leurs frontières extérieures, NOS frontières extérieures. C'est cela la raison d'être de la coopération européenne.
Nous ne pouvons laisser des États membres se servir des frontières pour des jeux de politique intérieure. Bâtissons ensemble la confiance et des mécanismes de coopération au lieu de construire des forteresses et de creuser des fossés.