Accroître les performances des systèmes nationaux de formation en alternance

16 Sep 2015
Adopté Références: SOC/523 EESC-2015-01718-00-00-ac-tra Avis d'initiative Rapporteur: Andersen (Employeurs - GR I / Danemark) Session plénière: 510 - 16 Sep 2015 - 17 Sep 2015 (Synthèse session plénière) OJ C 13, 15.1.2016, p. 57–62
Avis du Comité économique et social européen sur Accroître les performances des systèmes nationaux de formation en alternance (avis d'initiative)

Avis du CESE: Accroître les performances des systèmes nationaux de formation en alternance

Points clés

Les jeunes Européens ont été durement frappés par la crise; toutefois, l'existence d'un taux de chômage élevé des jeunes n'est pas nouvelle et est révélatrice d'un certain nombre de problèmes structurels liés au passage de l'école à la vie professionnelle. Le bon fonctionnement des systèmes d’enseignement et de formation professionnels fondés sur l'alternance aide à faciliter cette transition.

Le CESE:

  • souligne qu'il n'existe pas de «modèle optimal unique» en la matière;
  • estime qu'il est nécessaire de disposer d’un outil d'évaluation de la qualité qui rende compte des progrès et des effets des réformes entreprises par les États membres dans le but d’améliorer les performances des systèmes d’EFP et de formation en alternance;
  • recommande que la Commission – avec les partenaires concernés – élabore des outils qui permettent de suivre et de recueillir des données, d'évaluer les démarches concluantes dans les États membres, ainsi que de recenser les éléments clés qui participent au succès des systèmes de formation en alternance. L'objectif est de garantir leur qualité et de mettre en avant la corrélation entre formation en alternance et emploi;
  • propose de définir un objectif européen en matière d'EFP et de formation en alternance;
  • est convaincu qu'un objectif et la collecte de données pourraient aider à améliorer les niveaux de formation et à doter les jeunes des compétences que requiert le marché du travail. Un objectif pourrait s'inscrire dans une nouvelle stratégie Europe 2020 et le CESE invite donc la Commission à examiner les options à cette fin;
  • recommande aux États membres qui ne disposent pas de systèmes de formation en alternance d'étudier les coûts induits par l'élaboration de tels systèmes par rapport aux compensations et aux avantages qu'elle pourrait offrir pour la compétitivité des entreprises et les perspectives d’emploi des jeunes;
  • souligne l’importance que revêtent les partenariats entre les écoles, les centres de formations, les syndicats et le monde des entreprises. Les partenaires sociaux jouent un rôle déterminant, à tous les stades, pour le bon fonctionnement des systèmes de formation en alternance. Renforcer et faire un meilleur usage du dialogue social à tous les niveaux peut être un instrument efficace pour améliorer la qualité et l'attrait des systèmes de formation par le travail;
  • invite les États membres à mettre en place ou à réexaminer de façon systématique le développement professionnel des enseignants, des tuteurs et des formateurs en EFP;
  • souligne l’importance du rôle des employeurs et estime que ces derniers, y compris les PME, s'engageront davantage dans les programmes d’apprentissage s’ils répondent réellement à leurs besoins et que de bonnes relations sont établies avec les établissements scolaires. Dans les années à venir, l'attention devrait se concentrer sur la mise en place de systèmes de formation en alternance permettant une participation des employeurs qui soit satisfaisante du point de vue de l'efficacité rapportée à leur coût et qui leur offrent la possibilité de s'impliquer davantage;
  • recommande que les partenaires sociaux européens poursuivent leurs travaux dans ce domaine dans le cadre de leur programme de travail autonome.
     

Contexte

La crise a frappé tout particulièrement les jeunes et l'Europe doit faire face à des taux élevés de chômage de cette population. Dans le même temps, il y a des millions d'emplois vacants en Europe. On ne peut accepter cette situation. L'une des explications que l'on peut donner de ces chiffres contradictoires est une inadéquation entre l'offre et la demande de compétences dans certains secteurs de l'économie.

L'Europe a choisi deux solutions pour combattre le chômage des jeunes: la Garantie pour la jeunesse et l'Alliance européenne pour l'apprentissage.

La Garantie pour la jeunesse représente une bonne solution à court terme qui apporte une aide aux jeunes en situation précaire. Cependant, ce dispositif n'apporte pas de réponse à long terme au chômage structurel des jeunes dû à l'inefficacité des systèmes éducatifs. Le développement des systèmes d'apprentissage est une solution de long terme qui veille à ce que les résultats du système éducatif correspondent aux besoins du marché du travail.

Il conviendrait de développer une évaluation comparative permettant de mesurer la corrélation entre la formation en alternance et le chômage des jeunes afin d'étoffer les projets en matière d'apprentissage. Une évaluation comparative constituerait un outil performant pour assurer la nécessaire attention des acteurs politiques.

Les données pour cette évaluation comparative pourraient être collectées sur une base annuelle grâce à l'enquête sur les forces de travail et devraient, au moins, mesurer la quantité/le pourcentage de temps passé dans une entreprise (apprentissage) au cours du processus d'éducation; et le nombre de mois écoulés entre l'obtention d'un diplôme et l'emploi.

Par ailleurs, les systèmes dans le domaine de l'enseignement et de la formation professionnels (EFP) des États membres pourraient faire l'objet d'une étude comparative de leurs performances, en ce qui concerne les inscriptions, les effectifs admis, les taux de décrochage, etc.