Le CESE prône le remaniement des politiques européennes en matière de climat et d'énergie

6 Jun 2014
Réf.: 41/2014

La 499e session plénière du Comité économique et social européen (CESE) a largement été consacrée aux débats sur les politiques européennes en matière d'énergie et de climat. En présence de M. Oettinger, commissaire chargé de l'énergie, les membres ont voté plusieurs avis liés au thème de l'énergie[1].

S'il souscrit globalement aux propositions de la Commission, y compris les objectifs visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre et à porter à 27 % la part des énergies renouvelables, le CESE souhaite aller plus loin. Il demande notamment de prévoir des objectifs nationaux spécifiques en matière d'énergies renouvelables, étant donné que la situation et les conditions préalables diffèrent d'un pays à l'autre.

La solidarité entre les États membres est indispensable

"Il convient de trouver un équilibre entre la protection du climat et la relance de l'économie européenne, tout en garantissant la sécurité et le coût abordable de l'approvisionnement", a résumé Ulla Sirkeinen, rapporteure et membre finlandaise du groupe I (employeurs). Évoquant les défis à venir, elle a souligné que "nous ne réussirons que si la politique énergétique devient véritablement européenne". Ceci implique l'obligation de consultation, de coordination et de coopération entre les États membres avant toute prise de décisions importantes, ainsi que la création d'une véritable Communauté européenne de l'énergie, qui permettrait de renforcer la sécurité énergétique et de réduire les coûts de production. Enfin, il est essentiel d'assurer le bon fonctionnement du marché intérieur de l'énergie. Le CESE réitère son appel en faveur de la solidarité au sein de l'Europe, aucun État membre n'étant capable de relever seul les défis à venir.

Associer la société civile à un dialogue européen sur l'énergie

La société civile, qui représente tant les producteurs que les consommateurs, doit participer à l'élaboration des plans énergétiques nationaux. Associer les citoyens et les collectivités locales et régionales à la production d’énergies renouvelables ouvrira de nouvelles perspectives économiques et d'emploi, contribuant à ce que les projets portant sur les énergies renouvelables soient mieux acceptés par la société. Les petites et moyennes entreprises (PME) jouent déjà un rôle majeur dans la conception de mesures en matière d'efficacité énergétique; de même, de nombreux groupes de consommateurs prennent part à différents types d'actions destinées à économiser de l'énergie. Le CESE promeut un dialogue européen sur l'énergie qui associe les organisations de la société civile et offre une plate-forme de communication servant à faire le lien entre les politiques énergétiques des États membres et, si nécessaire, à les aligner.

Efficacité énergétique, SEQE révisé et nouvelles sources d'énergie: pour une énergie plus abordable et une économie plus compétitive

"L'Europe n'est pas en mesure d'abandonner les sources d’énergie européennes disponibles, quelles qu'elles soient", a souligné Richard Adams, membre britannique du groupe III (activités diverses), "mais nous devons les utiliser d'une manière durable et respectueuse de l'environnement, tout en garantissant une transparence totale et les normes de sécurité les plus strictes. Utiliser nos propres ressources signifie investir notre argent en Europe, y créer des emplois et donc aider nos entreprises et notre industrie."

Il y a lieu d'accorder une attention particulière à l'efficacité énergétique. Des objectifs sectoriels, par exemple dans le secteur de la construction, permettraient d'exploiter le potentiel considérable de l'un des moyens les plus efficaces de progresser vers la réalisation des objectifs de politique énergétique et climatique.

Le CESE soutient la révision du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE), à condition que l'on accorde suffisamment d'attention à la compétitivité et aux aspects économiques en prévoyant notamment des mesures destinées à éviter la fuite de carbone. Toutefois, l'objectif à long terme doit être la création d'un véritable marché international du carbone et l'Europe doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour y parvenir.

Mobilité urbaine – des solutions intelligentes grâce à un instrument européen unique

La mobilité urbaine européenne dégénère en immobilité avec pour conséquences des encombrements de circulation et une augmentation des émissions de CO2. La Commission a déjà traité cette question dans plusieurs communications et politiques. Afin d'en améliorer l'efficacité, le CESE invite la Commission à rassembler l'ensemble de ces initiatives dans un instrument unique. L'UE et les États membres doivent élaborer une politique commune et intégrée, et partager une vision ambitieuse. Ils doivent y associer le grand public et la société civile, sensibiliser la population et soutenir et échanger les bonnes pratiques. La Commission doit déterminer des lignes directrices de référence applicables aux caractéristiques des véhicules de transport publique pour créer un marché européen et l'ouvrir à la concurrence tout en maintenant les normes environnementales et sociales les plus élevées. Par ailleurs, l'aspect commercial ne doit pas être ignoré, vu les possibilités considérables pour l'industrie et les PME européennes.

Le rôle moteur de l'UE en faveur d'un accord mondial ambitieux sur le climat

Non seulement le changement climatique influence les conditions météorologiques, mais il augmente aussi le risque de catastrophes écologiques, de pénuries alimentaires et de conflits concernant des ressources rares. Il peut également déclencher une tendance à l'auto-préservation, des migrations de masse, voire un risque de guerre. Pour éviter ces scénarios, le développement de la politique climatique à l'échelle internationale doit demeurer en tête des priorités, tant au niveau mondial qu'européen. "L'Europe doit jouer un plus grand rôle dans le changement, absolument nécessaire, de la politique climatique à l'échelle mondiale. Il est dès lors essentiel que l'UE s'exprime d'une seule voix à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui se tiendra l'année prochaine en France. C'est le seul moyen pour que l'influence et le leadership de l'Europe soient à la hauteur de sa position de chef de file en matière de lutte contre le changement climatique", explique Henri Malosse, président, dans un appel à plus de coopération et de solidarité entre les États membres.

 


[1]              Vote (POUR/CONTRE/ABSTENTIONS): Un cadre d'action 2020-2030 en matière de climat et d'énergie (vote: 198/23/13); Prix et coûts de l'énergie (vote: 163/18/10); Exploration d'hydrocarbures par fracturation (vote: 167/2/10); Système d'échange  de quotas d'émission de l'UE (vote: 140/10/13); Mobilité urbaine compétitive et économe en ressources (vote: 132/0/3)

 

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