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L'UE a besoin d'une nouvelle stratégie pour lutter contre la piraterie maritime

25 Jan 2013
Réf.: 06 2013

Désireux que l'UE rompe avec l'approche compartimentée qu'elle a suivie jusqu'à présent vis-à-vis de la piraterie, le Comité économique et social européen (CESE) propose, pour lutter contre ce fléau, une stratégie globale, qu'il a entérinée hier, lors de sa session plénière, sous la forme d'un avis d'initiative.

"La piraterie pose un problème qui n'est pas seulement d'ordre maritime mais présente aussi une dimension humanitaire, commerciale et mondiale, touchant les consommateurs et les contribuables dans le monde entier", a expliqué la rapporteure de l'avis, Mme Anna Bredima (Grèce, vice-présidente du groupe des employeurs au CESE).

À l'échelle planétaire, la piraterie a un coût effarant, atteignant un montant de 7 à 12 milliards de dollars par an. Quelque 18 000 navires croisent, bon an mal an, dans des mers infestées de pirates; et, chaque jour, ce sont 3 millions de barils de pétrole et la moitié des échanges mondiaux par conteneurs qui transitent par des zones de l'océan Indien soumises à leur menace.

Le CESE a fait valoir que contrôlant 40 % de la marine marchande mondiale, l'UE ne peut se permettre que la piraterie, de quelque manière que ce soit, monte encore en puissance. Pour reprendre les termes mêmes de Mme Bredima, "si nous perdons pied face à la vague de piraterie, c'est toute la chaîne d'approvisionnement de l'UE en biens et en énergie qui risque d'être interrompue".

Aussi le CESE a-t-il lancé un appel aux institutions de l'UE et aux États membres afin qu'ils fassent montre de la volonté politique requise pour présenter une stratégie multidimensionnelle de lutte contre la piraterie. Et Mme Bredima de poursuivre sur la nécessité, pour l'UE, d'aborder le problème "en combinant adéquatement les différents instruments dont elle dispose: commerce et aide au développement, présence militaire, reconstruction et développement des capacités".

Le CESE peut contribuer à cette démarche en mobilisant la société civile et l'opinion publique en Europe afin de pousser les responsables politiques à agir.

Tout en soutenant la décision des Nations unies de proroger jusqu'en 2014 le mandat de la force navale pour la Somalie placée sous la direction de l'Union européenne (Navfor-Atalanta), le CESE prône l'extension de son champ d'intervention géographique de manière à ce qu'il couvre également l'Afrique de l'Ouest. "La présence navale actuelle dans l'océan Indien, a ajouté Mme Bredima, a pu être comparée à vingt voitures de police qui patrouilleraient une zone vaste comme l'Europe!"

Le CESE estime que les mesures militaires devraient aller de pair avec une action résolue pour couper les circuits financiers de la piraterie. "Une première étape consisterait à mieux dépister les mouvements financiers et à dresser une liste noire d'établissements impliqués dans le blanchiment de l'argent qui est lié à cette activité", poursuit Mme Bredima, laquelle ajoute que "des banques de l'UE peuvent avoir reçu en dépôt une partie de l'argent versé pour des rançons: il s'impose de traquer et confisquer ces sommes".

Ces versements de rançons restant un moyen d'assurer le bon retour des marins, le CESE s'est prononcé contre leur interdiction pure et simple, car on ne saurait s'accommoder de la mort de gens de mer, en les faisant passer pour un simple "dommage collatéral" de la guerre menée contre la piraterie.

En divers points du globe, les pirates ont assassiné six marins et en ont retenu 448 en otages en 2012. Le Comité a préconisé d'étoffer la formation des équipages à la lutte antipiraterie, laquelle devrait comprendre un apprentissage avant embarquement, des entraînements à bord, le rapatriement et le suivi psychologique après libération. Par ailleurs, l'UE devrait élaborer de nouvelles lignes directrices renforcées pour assurer le bien-être des gens de mer qui ont été ou pourraient devenir victimes d'actes de piraterie.

Le texte du CESE avance également que les États membres devraient avoir la faculté d'embarquer sur leurs vaisseaux des gardes privés armés, pour autant que ce recours à de telles forces privées soit régi par des dispositions strictes, au niveau de l'UE comme au plan international. Il a néanmoins bien tenu à souligner que cette présence de vigiles privés à bord ne doit pas devenir la norme.

Autre point sur lequel le CESE s'est montré catégorique: il s'impose d'amender la législation des États membres, afin de recriminaliser la piraterie, ainsi que d'instaurer un cadre juridique cohérent pour en poursuivre les auteurs.

"En aucune manière, nous n'avons la naïveté de croire que la piraterie puisse être éradiquée par quelques actions à brève échéance", a encore ajouté Mme Bredima. Et de mettre dès lors l'accent sur des mesures de long terme, qui conjuguent le renforcement des capacités des États en déréliction avec des incitations économiques directes pour offrir des solutions de rechange crédibles à la piraterie comme moyen de subsistance.

La stratégie antipiraterie du CESE sera débattue par des décideurs et des parties prenantes de ce dossier lors d'une manifestation publique qui se déroulera le 24 janvier et sur laquelle il est possible d'obtenir des données plus circonstanciées en cliquant sur ce lien.

 

Pour de plus amples informations, n'hésitez pas à contacter:
Karin Füssl, chef de l'unité presse
Courriel: karin.fussl@eesc.europa.eu
Téléphone: +32 2 546 8722

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